Portrait de deux jeunes lycéennes engagées

Michelle et Djamila sont deux lycéennes de terminale comme bien d'autres. Elles ont les mêmes préoccupations que la plupart des jeunes filles de 17 ans. Elles aiment s'amuser, décrypter les codes culturels et vestimentaires des lycéens. Elles n'aiment pas la routine et qualifient les journées entières de cours à distance, en visio, d'enfer.
Ce qui les distingue des autres lycéens c'est leur envie de s'impliquer dans la vie publique et dans la vie associative lycéenne.

Elles font partie depuis plusieurs années du conseil municipal des jeunes à Chantilly.

Elles sont actives également au lycée Jean Rostand de Chantilly. Elles ont été élues au CVL ( Conseil des délégués pour la vie lycéenne) et sont membres du bureau MDL (Maison des lycéens). Djamila fait aussi partie des 4 élèves qui sont au Conseil d'administration du lycée.
 
Quand on leur demande l'origine de cette implication, Michelle et Djamila répondent qu'elles ne veulent pas se faire imposer des projets, actions ou pensées qui détermineraient leur avenir et celui de leur génération. Michelle veut être "acteur" de sa vie et avoir un impact sur la vie des autres en proposant des améliorations. Ce goût des autres se concrétise par des actions de solidarités. Cette année, malgré la crise sanitaire, le CVL a proposé une collecte de jouets et de boîtes de sardines en collaboration avec le Samu social.
 
Quand on aborde le fait que leur génération sera bientôt en capacité de prendre des postes à responsabilité politique/citoyenne, elles se sentent "stressées" par l'ampleur des actions à mener. Cela revient à "construire sur un champ de ruines" s'exclame Djamila.
 
Djamila et Michelle sont conscientes que cet engagement ne peut se faire que si elles ont les codes, les "armes" pour convaincre. La première des armes est celle de la parole. "Savoir parler, s'exprimer en public c'est important et cela apporte un certain épanouissement" précise Djamila.
Elles souhaitent intégrer un institut d'études politiques à la rentrée prochaine. Elles ont passé les tests le week-end passé pour l'IEP de Lille.
Elles se rendent compte que le capital culturel que l'on acquiert au lycée mais beaucoup à la maison est primordial pour ce genre de concours. Il existe une fracture culturelle entre ceux dont les parents sont d'un milieu intellectuel et les autres.
Djamila et Michelle sont nées en Côte d'Ivoire et sont amies depuis la classe de 6ème au collège des Bourgogne à Chantilly.
Ces deux jeunes filles qui ont pratiqué l'escalade sont prêtes à franchir tout obstacle pour une belle ascension dans leur vie d'adulte en bravant tout fossé culturel.